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Après 1336 jours de luttes, les salariés de Fralib ont réussi à sauver leur usine en créant SCOP TI, une société coopérative et participative (ou historiquement « Société Coopérative Ouvrière de Production »).

Sandrine Lana, journaliste, et Clément Baloup, auteur de bandes dessinées, racontent cette aventure sous forme de BD reportage dans le numéro d’automne de la revue XXI.

En collaboration avec La Marelle, BADAM! a créé l’exposition « La bataille des Fralib« .

Le vernissage a eu lieu à la librairie La Réserve à Bulles le 31 octobre 2015.

Parcours graphique grand format,  planches originales, photos et sons.
Vernissage festif et dédicaces à partir de 12h 
en présence des auteurs.

Si vous voulez consulter la fiche technique, veuillez cliquer ici

Les Fralib étaient bien sûr présents afin de faire découvrir leurs gammes de thés et tisanes.

« La bataille des Fralib » a ensuite été exposée à la Médiathèque de La Ciotat du 23 novembre au 14 décembre et à la MJC de Martigues du 8 février au 6 mars.

 Renseignements et location : contact@badambd.org

« Entrer dans l’Usine, sentir l’air poussiéreux, ne voir personne. C’était en juillet 2014, lors de la première visite de l’usine Fralib, à Gémenos. Un homme fatigué est ensuite arrivé pour accueillir une énième journaliste et ses questions : « Comment lutte-t-on contre une multinationale ? Pourquoi avoir occupé durant quatre ans votre usine au lieu de partir avec un bon chèque ? » Ce n’était pas la bonne méthode. Il fallait du temps pour comprendre vraiment ce qu’il se passe quand on abandonne une vie pour en construire une autre. Forcément. Les visites se sont succédé, une quinzaine en seize mois et les questions ont laissé place à l’observation. Ce temps passé à scruter a permis de comprendre ce que les Fralib avaient vécu depuis 2010, les blessures qui se referment, les carapaces qui se durcissent et la haine qui fait place à la hargne.

Raconter cette histoire au moyen de l’image et d’un récit graphique était une évidence tant l’atmosphère qui régnait là était tangible parfois suffocante mais toujours plus bouillonnante. Les assemblées générales, la maintenance des outils, les tags de la bataille sur les murs de l’usine que l’on repeint pour passer à la suite… Les Fralib se métamorphosaient jour après jour et leur usine faisait peau neuve. Ils devenaient coopérateurs, ils devenaient leurs « propres chefs ». Ces mots résonnent et serrent le cœur quand on sait les nuits blanches qu’ils ont passé barricadés ici tandis que dehors la vie a continué et que les enfants entraient à la fac’, que les époux s’épuisaient à les soutenir. Il fallait montrer les hommes, les murs et laisser de la place à l’avenir.

C’est l’histoire que j’ai voulue raconter et que Clément Baloup a capté sous ses pinceaux. Celle d’hommes et de femmes qui n’ont pas tourné les talons devant une machine bien plus grosse qu’eux. Il fallait raconter que l’entreprise n’est rien sans le savoir-faire. « La bataille des Fralib » est finalement l’histoire d’une construction quotidienne dense et laborieuse mais novatrice et inspirante.

Aujourd’hui, l’usine tourne, les arômes embaument et tout le monde se tient droit, fier. »

 Sandrine Lana

 

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